Jeff de Pangkhan, l'homme des rizières, un farang-isan, nord est de la Thaïlande
A des endroits comme au jardin, avant la Mousson, il fallait couper, tailler,
tondre, toutes les deux semaines, voire une fois par mois, mais depuis qu'elle s'invite au dessus de nos têtes, il faut désormais contrer la nature, la dompter ; aidée de son meilleur alliée, la pluie, celle-ci nous envahie. Couper, tailler, tondre, élaguer tous les trois jours, surveiller tout le temps sinon...
Une haie de ficus ressemblera en moins de deux mois à une rangée d'arbres.
Les rizières sont totalement inondées mais n'est-ce pas ce qu'il leur faut ? Des milliers de litres d'eau pour pouvoir dans quelques semaines donner suffisamment de riz pour nourrir la planète, enfin une grande partie de la planète.
Même ces « bêtes », que nous occidentaux redoutons tant se mettent à l’abri. Serpents et insectes rampants, crabes des rizières, scorpions cherchent des endroits au sec
pour survivre à ce déferlement. Perchés dans les arbres, cachés dans une chaussure, qu'il faudra enfiler avec précaution en les secouant : N'oubliez jamais ou la surprise sera au bout de vos pieds. Vous pouvez passer des tongs ou l'on peut aussi marcher nu-pied, mais là aussi, méfiance, les champignons et animaux microscopiques prolifèrent dans les eaux qui ravalent chaque bout de terrain, chaque talus.
Vous allez me dire : « Mais c'est l'enfer !»
Alors, je vous répondrais : « Non, pas du tout, ce n'est pas difficile, c'est juste la vie, mais pour tous, pas seulement pour l'homme ».
Il suffit de bien regarder où l'on met les pieds, ouvrir les yeux pour observer la nature.
Très rarement, j'ai eu l'occasion de faire de mauvaises rencontres, mais pas de mensonges, c'est arrivé ; mais il n'est pas nécessaire de lier plus que ça connaissance, lorsqu'il s'agit de serpents, scorpions et autres bestioles qui piquent, non ?
D’autres voisins de Mousson sont heureux. Je pense aux grenouilles, crapauds mais aussi grillons. C’est la fête toutes les nuits...Un brouhaha gigantesque envahie la nuit, l’atmosphère du village, de la campagne et de tout l'ISAN. 
Si l'on fait du vélo,on avance entre les gouttes.
Lorsque les enfants rentrent de l’école totalement trempés, ils vont de suite s'amuser dans la rue qui est devenue rivière. Tout le monde s'aspergent, jouent avec l'eau, c'est un joyeux bordel.
C’est aussi le moment de vérifier les fuites dans les maisons et ce n'est pas toujours dans la maison délabrée que l'on voit l'eau dégouliner des plafonds, non non... Toutes les maisons transpirent même les plus belles... Tout est moite !
Nous avons souvent jusqu'à 99% d'humidité tout de même avec 30 degrés au compteur, donc si l'on n'a pas d'obligations, « Un seul mot d'ordre », restons immobiles sous peine de sentir notre sueur dégouliner le long de notre colonne vertébrale, envahir notre séant puis enrober nos jambes pour finir en flaque flasque sous la plante de nos pieds.
J'aime la Mousson, elle est la plus belle saison,
ma saison préférée, elle est la vie !
La manquer me rendrait vraiment triste...
PAILLE KHEUNDHEU...
A suivre quelques photos de la Mousson...
"Il pleut,il pleut c'est la f..."
C'est aussi de l'eau potable pour toute l'année... Des toits, l'eau ruisselle puis alimente de grandes jarres d'une capacité de centaines de litres d'eau... Dans toutes les maisons, vous en verrez...